Séminaire de recherche

British art: L’in situ de l’art contemporain britannique / British site-specificity today

Responsables scientifiques Marion Duquerroi, HiCSA et Charlotte Gould, Université Sorbonne Nouvelle- Paris 3

The series of seminars will be an opportunity for international researchers and practitioners to explore the notion of site in contemporary British art. Site often refers to public art as the broad category of art either created or exhibited outside of the museum, and which appeals to its supposed democratic quality. In the last few years, the United Kingdom has witnessed a spectacular rise in the commissioning of public art, inaugurated principally under the impulse of New Labour who in the Nineties and Noughties calibrated much of their support to the cultural industries according to their potential regenerative impact on depressed areas around the country. Still, all the while, the definition of a British public sphere which might serve as a marker of the genre has undergone major transformations likely to change the actual definition of what public art is today. The British incarnation of land art, while pressed to encompass concerns about sustainability under the more recent tag eco-art, has also come to include more urban and suburban forms of our environment addressed by environmental art. This has coincided with the inclusion of more social considerations, or, as Claire Bishop has called it a “social turn”, with Sarah Lowndes borrowing the phrase “social sculpture” from Joseph Beuys to describe the emergence of the Glasgow art scene since the 1980s. Indeed, the repercussions of deindustrialisation transformed both the social make-up and the landscape of the country. Thus, the new territories of contemporary creation across the Channel are physically the same as they were in the 20th century, but the ideological, urbanistic and commercial redefinition of its cities and countryside have transformed the links between site and works and have called for new grids of analysis – such as situation art, the framework suggested by Claire Doherty. The advance of mobile telephony, of social networks and of the commercialisation of the high street has blurred the lines between public and private spheres. Some art forms which might have been described as traditional are in fact remodelled by their loose inscription in a disseminated agora.
These varying connections between artwork and site seem today to involve a third dimension even more clearly, that of context. Site and work are considered not solely locally, but also by taking into account more global forces that come to bear on them. Architect Rem Koolhass has described the inexorable convergence towards a generic global contemporary city, a city which has shed its individual identity. The artwork which appears in the contemporary city has to adapt to the latter’s generic lack of qualities, its site-specific presence now facing more global issues. In order to give meaning to a site, art needs to address its current inherent conflicts and to decide whether its national or regional specificities are just a facade. The contemporary notion of site has also sometimes reclaimed the gallery – as when in 2007 Mark Wallinger recreated Brian Haw’s Parliament Square protest within the Tate and called it State Britain – or other places outside of the traditional urban or rural landscapes: television, cyberspace, fiction. Site then no longer espouses the ideologically charged contours of public art. It starts to spill over the margins of the traditional British landscape and to harbour new communities, whether real or imaginary.
We wish to think collectively about what is at stake in context specificity and to ask whether it has brushed aside any last hint of a desire to let art reveal a British genius of the place.

A l’occasion de cette série de séminaires, des chercheurs et praticiens internationaux se pencheront sur la question du site de l’art contemporain en Grande-Bretagne. La notion de site renvoie souvent à la catégorique d’art public qui est une expression très large comprenant principalement l’art créé ou exposé hors du musée et invoquant, à tort ou à raison, sa qualité démocratique. Le Royaume-Uni a connu ces dernières années un développement spectaculaire de ses commandes d’art public sous l’impulsion principale des politiques culturelles inaugurées dans les années quatre-vingt-dix et deux mille visant la régénération par l’art de quartiers et de villes en déclin. Or, dans le même temps, la notion d’une sphère publique britannique qui permettrait d’identifier un tel art a connu de récentes remises en question qui appellent une redéfinition de ce que peut être l’art public. Le land art, dans sa tradition britannique, a évolué au fil des préoccupations écologiques de plus en plus pressantes pour englober une acception urbaine de la notion d’environnement dans le environmental art, puis des considérations sociales, appelées « social turn » par Claire Bishop, qui feront emprunter à Sarah Lowndes la notion de social sculpture à Joseph Beuys pour décrire l’émergence de la scène de Glasgow depuis les années 1980. Le contrecoup de la désindustrialisation aura en effet transformé le paysage physique aussi bien que social du pays. Ainsi, les nouveaux territoires de la création actuelle outre-Manche sont matériellement les mêmes qu’au 20e siècle, mais la redéfinition idéologique, urbanistique et commerciale des paysages urbains et ruraux ont transformé les liens qui relient œuvres et sites et appelé de nouvelles grilles d’interprétation – une inscription en voie de redéfinition que Claire Doherty a nommée situation art. Le développement de la téléphonie mobile, de la commercialisation de la rue ou encore des réseaux sociaux a imposé des flottements dans la délimitation entre sphères privée et publique. Certaines formes artistiques qui pourraient être décrites comme traditionnelles sont en fait remodelées par leur inscription mouvante dans une agora disséminée.
Ces articulations variables entre œuvre et site semblent aujourd’hui intégrer encore plus fortement une troisième dimension, celle du contexte. Le site comme l’œuvre sont en effet envisagés non seulement dans leur inscription locale, mais aussi en fonction de ce que d’autres forces globales lui imposent. L’architecte Rem Koolhass a ainsi décrit une ville contemporaine devenue générique et qui aurait abandonné son identité propre. L’œuvre qui s’inscrit aujourd’hui dans la ville répond au caractère générique, sans qualité, de cette dernière, et sa présence in situ renvoie alors à un contexte beaucoup plus élargi et mondial. Donner du sens au site, c’est aussi dorénavant prendre acte des conflits qui l’animent, décider si ses spécificités nationales ou régionales ne sont plus que de façade. Mais le site contemporain a aussi parfois ré-investi le musée – comme lorsqu’en 2007 Mark Wallinger reconstitue le campement de Brian Haw à l’intérieur de la Tate et le baptise State Britain – ou d’autres lieux que le traditionnel paysage urbain ou rural : la télévision, le cyberespace, la fiction. Le site, alors, n’épouse plus les contours idéologiquement chargés de l’art public. Il déborde les marges du paysage britannique traditionnel pour devenir terre d’accueil de nouvelles communautés, réelles ou imaginaires.
Nous nous interrogerons ensemble pour savoir si les enjeux de la mondialisation et de context specificity, ont balayé toutes velléités de révélation artistique d’un génie du lieu britannique.

Programme

9 février 2015, salle AVD (1er étage, porte 133, Galerie Colbert), 17h00-19h00:

– Jeremy Deller (artiste)
– Corinne Silva (artiste/University of the Arts, Londres)

18 mai 2015 (17h00-19h00)

– Louis Henderson (artiste vidéaste)
– Catherine Bernard (Université Paris Diderot-Paris 7).

12 octobre 2015 (14h00-16h00)

– Laure Prouvost (artiste)
– Maeve Connoly (Faculty of Film, Art and Creative Technologies, Dublin)

Source de l’article : http://hicsa.univ-paris1.fr/page.php?r=94&id=744&lang=fr