CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’ESTHÉTIQUE, PARIS, 4 et 5 juin 2015
Fondation Lucien Paye Cité internationale universitaire de Paris.

Extension du domaine des arts

La période contemporaine connaît une extraordinaire extension du champ de l’art. Il s’est ouvert au passé le plus reculé (art préhistorique), aux lointains (arts premiers), à l’autre (art brut), à de nouvelles pratiques (Graffiti, vidéo…), à l’ordinaire extra artistique (performances et happenings), et même au monde de la science et de la technique (arts technologiques, bio art). En revanche, d’autres pratiques sont tenues à l’écart du cercle de l’art (la gastronomie, l’œnologie, le jardinage…). D’autres s’apprêtent à y entrer (la scénographie). Mais la tapisserie, la mosaïque, l’enluminure, ou l’orfèvrerie, qui, au moyen-âge, étaient des arts d’une plus grande importance que la peinture, sont par la suite devenus des artisanats. Se pose donc la question de l’artification, c’est-à-dire du processus de transformation d’un objet ou d’une pratique non artistique en un objet ou une pratique artistiques (et aussi celle, symétrique, de la désartification). Comment s’opère la requalification de ces objets ? Quels sont ses opérateurs ? Quels changements catégoriels, symboliques mais aussi concrets (institutionnels, économiques, juridiques) s’ensuivent ?