CONGRES 2018 de la SOCIETE FRANCAISE D’ESTHETIQUE

APPEL A COMMUNICATIONS

1 juin 2018

Reid Hall (Columbia University à Paris, 4 rue de Chevreuse – 75006 Paris)

 

DESARTIFICATION DE L’ART

Formulé pour la première fois en 1953 dans un article consacré au jazz publié dans la revue Merkur, le concept d’Entkunstung (désartification) marque la pensée tardive d’Adorno qui s’exprime dans sa Théorie esthétique. Ce néologisme désigne chez lui l’idée que l’art, au cours du XXème siècle, a été progressivement « privé de son caractère artistique » (Kunst wird entkunstet). Pour Adorno cette désartification résulte du développement de ce qu’il nomme l’industrie culturelle. Productrice de divertissements faciles, d’expériences pauvres (compréhension aisée de significations simples, effets dramatiques faciles, émotions stéréotypées), celle-ci est aux antipodes des exigences du grand art qui ennoblit. L’industrie culturelle produit un succédané de culture, très proche de ce que Clément Greenberg, à la même époque, désigne par le terme de Kitsch (« Avant-garde et Kitsch ».

Plus d’un demi-siècle après l’invention de l’expression, il semble que ce n’est plus tant la concurrence du Low art que le High art aurait à craindre, mais l’affiliation à la sphère de l’ « Art » d’activités qui jusque là ne lui appartenaient en aucune façon, et qui ne possèdent de l’Art ni les caractéristiques formelles ni la légitimité historique. Après le graffiti devenu Street Art ou après le Net Art, le Jeu Vidéo – qui a depuis peu son département au MOMA de New-York -, ou la cuisine – Le cuisinier espagnol  Ferran Adrià ne représentait-il pas l’Espagne à la Dokumenta de Kassel en 2007 ? – connaissent ce « processus de transformation du non-art en art, résultat d’un travail complexe qui engendre un changement de définition et de statut des personnes, des objets et des activités » que R. Shapiro nomme artification (De l’artification. Enquêtes sur la passage à l’art, N. Heinich, R. Sapiro, dirs.) ?  La sous-littérature des bleuettes sentimentales de la collection « Harlequin » sont encore des romans, et le jazz que fustigeait Adorno est encore de la musique ; mais l’artification généralisée qui marque notre temps invite à reprendre la question adornienne de la désartification de l’art en fonction de cette nouvelle donne. Il s’agira ici :

– d’étudier ces formes diverses de désartification, de les décrire, de les contextualiser, de les interpréter et de les évaluer.

– de s’interroger sur l’état présent de l’industrie culturelle, sur ses formes inédites et sur les rapports nouveaux qu’elle entretient avec la sphère de l’art.

– d’analyser, dans la lignée des recherches de W. Benjamin sur les effets des révolutions technologiques sur les arts et sur nos manières de sentir (L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, 1936), l’impact des nouvelles techniques de reproduction, de diffusion et de communication, sur les notions constitutives de l’idée moderne d’art (artiste, œuvre, désintéressement, authenticité, etc.).

 

Modalités de soumission

Les propositions, rédigées en anglais ou en français, doivent comprendre :

  • Le titre de la communication
  • le nom de l’auteur ou des auteurs
  • une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum)
  • le titre
  • un résumé de 300 mots maximum
  • une liste de mots clés (5 maximum)
  • une bibliographie essentielle
  • l’engagement écrit et signé à s’acquitter des droits d’inscription de 50 euros au cas où la proposition serait retenue. Ils donnent droit à la participation au colloque et à la gratuité des déjeuners. NB : Les droits d’inscription des membres de la Société française d’esthétique à jour de leur cotisation sont de 25 euros (pour devenir membre, s’inscrire sur le site web de la SFE http://www.s-f-e.org

Elles seront envoyées au format pdf à Talon-Hugon : Carole.TALON-HUGON@unice.fr

Date limite d’envoi des propositions : 14 mai 2018

Les réponses seront communiquées le : 16 mai 2018

Les communications, d’une durée de 30 minutes, seront faites en anglais ou en français. Aucun service d’interprétariat ou de traduction ne pourra être fourni. Les frais d’hébergement et de transport sont à la charge des participants.