Aux origines de l’artiste dans l’Europe médiévale et moderne (1300-1600) Artistes à la ville et artistes à la cour

Colloque international organisé par Dagmar Eichberger (professeur à l’université de Trêves / Artifex) et Prof. Dr. Philippe Lorentz (professeur à l’université Paris-Sorbonne / Centre André Chastel),
avec le soutien du Centre André Chastel, du LabEx EHNE et d’Artifex, un projet ERC à l’université de Trêves

Ce colloque vise à interroger la place de l’artiste/artisan à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne dans divers contextes sociaux, en particulier à la ville et/ou à la cour, au sein des corporations et/ou dans l’hôtel du prince. Un certain nombre d’artistes ont répondu à des commandes dans ces deux sphères habituellement jugées distinctes, tels Jean Fouquet, Rogier van der Weyden, Albrecht Dürer, Hans Plock, Jacques Jordaens et Bernard van Orley, pour n’en nommer que quelques-uns. Certains artistes travaillant pour le prince ne détenaient qu’un titre honorifique et leur rattachement à la cour n’était qu’épisodique.

Aux yeux des organisateurs de ce colloque, le moment semble opportun de questionner l’hypothèse centrale du livre de Martin Warnke (Hofkünstler. Zur Vorgeschichte des modernen Künstlers, Cologne, 1985/1996), qui situe l’origine de l’autonomisation de la conscience artistique non dans le cadre corporatif de la ville, générateur de contraintes, mais plutôt au sein de la cour, grâce à la position privilégiée occupée par l’artiste auprès du prince dès les XIIIe et XIVe siècles. Au regard des recherches menées depuis une trentaine d’années, est-il justifié, aujourd’hui, d’opposer de manière aussi tranchée le monde urbain et la cour, les deux terrains de prédilection du formidable développement artistique qui caractérise l’Europe occidentale durant cette longue période (1300-1600) ?

Les points suivants feront l’objet de communications :

Quelles sont les différentes acceptions que recouvre la notion d’artiste de cour ?
Quels médias étaient pratiqués par les artistes de cour et comment ceux-ci étaient-ils désignés (orfèvre, peintre, enlumineur, tapissier, brodeur, sculpteur, architecte « du roi », « garde-joyaux », « valet de chambre », etc.) ?
Comment les artistes/artisans négociaient-ils leur poste au sein de la maison du prince ? Quelles conditions pouvaient paraître les plus avantageuses (salaires annuels, journaliers, indépendance vis-à-vis des règlements de corporations, libre choix du lieu de résidence) ?
Pourquoi certaines villes comme Bruxelles, Louvain ou Nuremberg ont-elles engagé, à certaines époques, un peintre ou un architecte officiel et quels rôles étaient dévolus à ces artistes ?
Le statut des artistes a-t-il une incidence sur les œuvres produites ? Est-il possible de distinguer les œuvres d’art produites pour la cour de celles réalisées dans le cadre des corporations ? La notion d’ “art de cour” est-elle pertinente au regard du statut des artistes ou s’agit-il d’un concept fondé uniquement sur des critères liés à la commande ?
Les artistes de cour jouissaient-ils d’une liberté plus grande que les membres des corporations ? Avaient-ils davantage la possibilité d’expérimenter et d’introduire de nouveaux thèmes et de nouveaux styles ?
Quel est le lien entre le statut social de l’artiste et la création ? Comment évaluer les hypothèses émises à ce sujet par différents historiens de l’art à l’aune des recherches d’archives ?
Que savons-nous des artistes itinérants se déplaçant de ville en ville et de cour en cour. Comment s’exerçait le jeu des recommandations ?

La période couverte par le colloque est la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne, de 1300 environ à 1600. Les aires géographiques concernées sont la France, l’Empire germanique et les anciens Pays-Bas, mais d’autres régions de l’Europe occidentale seront également prises en compte.

Programme : origines_artiste_europe

Source de l’article : http://www.menestrel.fr/spip.php?article4190