Appel à contributions

Nouvelle Revue d’Esthétique n°20 (2017-2)

Sortie prévue Décembre 2017

Scénographie

Au vu des manifestations et des publications consacrées ces dernières années à la scénographie, cette activité, à mi-chemin entre plusieurs disciplines, offre, dans son évolution actuelle, un terrain d’études particulièrement riche et l’occasion d’échanges intellectuels intenses (1). En réalité, l’analyse des faits, ainsi que des textes théoriques en rapport avec ce domaine de la création, montre, combien il est difficile d’en avoir une idée claire et précise.  Le mot scénographie, il est vrai, suggère des idées oscillant entre métier lié au théâtre et/ou à l’exposition et pensée générale de l’espace, pratique technicienne « au service de … » ou art poursuivant sa propre finalité, activité inférieure ou  supérieure (confinant à l’art total), etc. Ajoutons que, s’il est difficile de ramener le domaine de l’architecture à celui de la scénographie, l’hypothèse paraît déjà plus défendable pour les arts plastiques,  aujourd’hui : ne tendent-ils pas, dans l’installation notamment, à partager leur vocabulaire, sinon leurs ambitions, avec ce domaine dont l’origine renvoie, rappelons-le, à la présence de décors en perspective.

Lorsqu’on compare la démarche du scénographe et celle de l’architecte et/ou de l’artiste, au sens moderne du terme, qu’en est-il, pourtant ? par exemple, de la question de l’auctorialité, de la reconnaissance et du prestige du scénographe par rapport à ses homologues, rivaux ou modèles ? Ou encore, des valeurs — réelles et symboliques — qu’on attribue, aujourd’hui, à leurs œuvres respectives ?

Pour insister sur la situation actuelle, on aimerait donc savoir ce qu’elle donne vraiment à penser, une fois écartés, d’une part, les définitions officielles de la scénographie — qui règlent rapidement la question de son inscription dans le domaine des arts — , et d’autre part, certains récents efforts de légitimation dont elle a fait l’objet, en tant qu’activité autre que technicienne — qui versent facilement dans la spéculation. Car, même si l’architecture, les arts plastiques, et la scénographie s’enrichissent plus que jamais au contact les uns des autres, rien ne garantit leur équivalence  ;  rien n’assure que la pratique du scénographe, qu’il soit de théâtre ou d’exposition, n’exclue pas tout ou partie de celle des autres, et vice versa ; que leur œuvre soit de la même nature ni n’accède au même rang dans ce qui pourrait constituer une hiérarchie des objets artistiques ; ni que cette œuvre attire les regards de la même façon. Inutile, sur ce point, de souligner le manque d’intérêt philosophique pour la scénographie, jusqu’à présent (mis à part Hubert Damisch et Georges Didi Huberman, aucune grande figure de la pensée esthétique de s’y est intéressée), contrairement à la « scène » par exemple, qui a été érigée en concept (Philosophe de la scène) ou à la « théâtralité » qui a nourri le débat esthétique dans la seconde moitié du XXe siècle.

Par ailleurs, le domaine de la scénographie ne cesserait de progresser. De la construction de dispositifs dans l’espace public, à la création de présumées ambiances atmosphériques pour le théâtre (cf. Quadriennale de Prague, 2015), en passant par l’élaboration d’immenses installations immersives, plus grand-chose ne semble lui échapper. Cet élargissement de ses propres manifestations sonne-t-il le glas des notions de décor et de décoration ou leur offre-t-il, au contraire, l’occasion de nouvelles possibilités d’exercice ? Car, là non plus, rien ne garantit, quels que soient les termes qu’on associe à la scénographie, que sa fonction esthétique augmente en participant plus ou moins directement) au double phénomène d’esthétisation et de spectacularisation du monde ; phénomène dont la théorisation déjà importante (Yves Michaux, Bernard Lafargue, …) semble pouvoir recevoir de nouvelles orientations d’inspiration métaphysique (ontologie) ou phénoménologique.

Le numéro 20 de la Nouvelle revue d’esthétique  sera organisé autour de ces deux axes. Nous accepterons toute réflexion qui s’y rapporterait, en privilégiant celles qui sont en prise avec l’époque contemporaine. Ce numéro acceptera donc des contrepoints historiques. Il recevra avec intérêt des articles de sociologues et autorisera des entretiens avec des scénographes, plasticiens et architectes.

  • On pense aux revues de scénographie/scénologie Pavillon n°1-8, (Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la ville de Monaco) ; Figures de l’art n°18, L’œuvre en scène ou ce que l’art doit à la scénographie; Etudes théâtrales n°53, Qu’est-ce que la scénographie, volumes 1 et 2, Université catholique de Louvain, etc.)

Ce dossier est dirigé par Ondine Bréaud-Holland (EC au Pavillon Bosio, Ecole supérieure d’arts plastiques de Monaco)

Modalités de soumission

Les propositions, rédigées en français, doivent comprendre :

  • la thématique retenue
  • le nom de l’auteur ou des auteurs
  • une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum)
  • le titre
  • un résumé de 300 mots maximum
  • une liste de mots clés (5 maximum)

Elles seront envoyées au format pdf à Ondine Bréaud-Holland ondine.breaud@orange.fr et Carole Talon-Hugon : Carole.TALON-HUGON@unice.fr

 

Date limite d’envoi des propositions : 15 avril 2017

Les réponses seront communiquées le : 30 mai 2017