Appel à contribution, Nouvelle Revue d’Esthétique (2018/2), « L’esthétique environnementale »

La Nouvelle Revue d’esthétique consacrera son numéro 22 (fin 2018) à réfléchir sur l’esthétique environnementale. Comme on le sait, la question de la nature, qu’il s’agisse de la beauté des paysages ou de sa reproduction dans les jardins, ainsi que les implications anthropologiques qui en découlent, furent au cœur de l’émergence de l’esthétique en tant que discipline philosophique au cours du XVIIIe siècle, avant de s’effacer progressivement au profit des arts, leur création, leur réception, leur place dans la société ou dans l’histoire, leur signification pour les individus.

On assiste depuis quelques décennies, principalement à partir de l’Amérique du Nord et de l’Europe septentrionale et très tardivement en France, à une évolution remarquable qui fait à nouveau de l’approche esthétique de l’environnement un lieu actif de questionnement. De multiples facteurs y ont contribué, entre autres : la gestion institutionnelle de la nature à travers la création de parcs naturels, la multiplication de recherches spécialisées sur les données naturelles et les traditions collectives, la naissance de mouvements artistiques opérant in situ ou produisant des œuvres éphémères, la conscience plus floue des frontières de la ruralité, l’émergence d’une conscience écologique, le développement ambigu du tourisme et de la photographie de masse. Le résultat est que tout aspect de l’environnement, du point sublime au marécage et à la friche urbaine, est désormais susceptible de retenir l’attention dans une vision esthétique élargie.

En tant que revue généraliste ouverte sur les divers aspects de l’expression artistique et esthétique contemporaine, la Nouvelle Revue d’Esthétique veut contribuer à éclairer ses fondements et sa généalogie. L’objectif est de relever des repères significatifs et de faire ressortir l’originalité de démarches qui se développent au contact des sciences, des croyances, de la culture et de la politique et qui présente aussi des traits spécifiques. Parmi les aspects qui peuvent être pris en compte, on peut mentionner :

  • les objets relevant de l’esthétique environnementale,
  • les démarches qui la constituent ou qu’elle illustre,
  • sa spécificité en tant qu’approche théorique.

Il ne s’agit pas de défendre une interprétation mais de faire prendre conscience des enjeux portés par une discipline à la fois récente et récurrente et donc de concourir à sa pleine reconnaissance.

Les propositions sont à envoyer par voie électronique sous forme de fichier PDF conjointement à :

– Jacques Morizot  (j.morizot@orange.fr)

– Carole Talon-Hugon (Carole.TALON-HUGON@unice.fr)

Chaque proposition doit comporter : un titre, le nom du ou des rédacteurs, un résumé succinct de l’article (max. 800 signes), et si nécessaire une courte bibliographie. Le format de base est de 25 000 caractères ± 10% (espaces comprises), mais des articles plus brefs sont aussi recevables.

Date limite de réception des articles :   28 avril 2018

Les réponses (au terme d’une double lecture en aveugle) seront communiquées aux auteurs au plus tard le 30 juin 2018