Épistémologie de la musique : analyses, formes, contextes
Les Archives Poincaré et l’Université de Lorraine organisent une conférence interdisciplinaire, regroupant philosophes et musicologues autour d’une thématique touchant aux rapports entre musique et formalisme. La manifestation se tiendra à Nancy, entre le 15 et le 17 janvier 2020. 
Conférenciers invités :
  • Alessandro Arbo (Université de Strasbourg)
  • Marta Grabocz (Université de Strasbourg)
  • Emmanuel Parent (Université Rennes 2)
  • Roger Pouivet (Université de Lorraine)
  • Francis Wolff (ENS Paris)
  • Nick Zangwill (Université de Hull)
Organisation : Vincent Granata et Guillaume Schuppert (Université de Lorraine, Archives Henri Poincaré)
Argumentaire
    
Les propriétés esthétiques sont des propriétés des œuvres, du moins qui sont attribuées aux œuvres. Longtemps, les philosophes se sont concentrés sur le concept esthétique de beauté, mais l’éventail de nos concepts esthétiques est bien plus varié qu’on ne le suggère traditionnellement : l’équilibre, la sérénité, la grâce sont également des propriétés esthétiques, aux côtés du caractère tragique, sombre, mélancolique ou délicat. Très sommairement, certains de ces termes indiquent habituellement des substances ou des processus – métallique, murmurant, soyeux – d’autres des qualités – doux, froid, dur -, ou encore des affects déterminés – mélancolique, triste, joyeux. En musicologie, ces propriétés esthétiques sont parfois appelées « contenu », « unités signifiantes » ou encore « signifiés musicaux ». 
 
Les propriétés esthétiques posent un problème épistémologique : dans quelle mesure la tristesse, par exemple d’un Nocturne de Chopin, a-t-elle quelque chose à voir avec la façon dont la musique sonne ? Au cœur de ce problème, le concept de forme occupe une place importante. Pour la musique, la forme désigne généralement la structure sonore, c’est-à-dire l’ensemble de ses propriétés mélodiques, harmoniques et rythmiques. En philosophie, deux positions concurrentes s’affrontent sur le rôle qu’il faut accorder à la forme. L’empirisme esthétique est la thèse selon laquelle les propriétés esthétiques reposent seulement sur les propriétés sensibles des choses. Le contextualisme esthétique, au contraire, affirme que toutes les propriétés esthétiques dépendent de propriétés non-perceptibles telles que le contexte de production et de réception, les intentions auctoriales ou l’accomplissement artistique. Ces deux positions s’articulent donc autour de la question suivante : afin de comprendre ce sur quoi reposent les propriétés esthétiques, dans quelle mesure faut-il prendre la structure formelle comme unité d’étude première ? Quelle est la responsabilité de la forme par rapport à des éléments contextuels liés à la production ou la réception ?
 
Il nous semble que ce problème philosophique se pose très concrètement dans les différentes pratiques musicologiques – musicologie, ethnomusicologie, sociologie et anthropologie de la musique – où l’on observe une tension constante entre une approche internaliste des œuvres et une approche par les contextes et la réception. Aussi, nous souhaiterions faire appel aux différents représentants des études musicales pour traiter cette question. Étudier les propriétés esthétiques, est-ce faire une analyse musicale ? Ou bien, est-ce faire une analyse sociologique ou historique?
 
Voici une liste non-exhaustive des thématiques et questions qui pourront y être traitées :
    – Définition ou possibilité d’une définition de la forme musicale
    – Les relations entre forme et expressivité
    – Analyse formelle et analyse musicale
    – Les rôles de la notation (partition et transcription) dans l’analyse
    – Histoire philosophique et musicologique du formalisme
    – Œuvre musicale : dépendante de la forme ou dépendante du contexte?
    – Œuvre, performance et œuvre-performance
    – Nature des propriétés esthétiques et origine des attributions esthétiques
    – Sémiotique ou sémiologie musicales
    – Musique populaire et limites de l’analyse formelle
    – Nouvelles musicologies
Modalités diverses
Nous prendrons en charge l’hébergement et les repas des conférenciers ; pour cette raison, le nombre de participants retenus sera limité. Les candidats doivent soumettre un argumentaire de 1000 mots maximum sur Easychair avant le 30 septembre 2019. L’adresse est la suivante :  https://easychair.org/cfp/EdM2020
L’argumentaire devra comporter une description claire et concise de la thèse et des principaux arguments de l’exposé, qui durera 35 minutes suivi de 15 minutes de questions.
Les propositions doivent être anonymes. Elles feront l’objet d’une double lecture aveugle.
 
Une compréhension du français est nécessaire, mais les propositions en anglais pourront être examinées.
Pour toute question à propos de l’organisation du colloque ou des procédures de soumission, veuillez écrire à l’adresse suivante : vincent.granata@univ-lorraine.fr