Congrès de la Société française d’esthétique

19-21 mai 2014, Nice

L’Artialisation des émotions

La Société française d’esthétique, en partenariat avec le CRHI de l’Université de Nice, organise un congrès d’esthétique sur la question des rapports des arts et des émotions.

Conférenciers invités : M. Cérisuelo (Univ. Paris-Est), A. Géfen (CNRS), P. Glaudes (Univ. Paris 4), N. Heinich (CNRS), Ch. Ramond (Univ. Paris 8), B. Rimé (Univ. De Louvain), J. Levinson (Univ. Maryland), S. Laugier (Univ. Paris 1), P. Lombardo (Univ. Genève), S. Snaevaer (Univ. Lillehammer), C. Talon-Hugon (Univ. De Nice)

Il s’agit ici de réfléchir sur le rôle des arts dans la construction sociale des émotions. Même si, à la suite de Darwin affirmant que les émotions sont des phénomènes biologiques mis en place par l’évolution, beaucoup de recherches contemporaines vont dans le sens d’une naturalisation des affects, il serait faux d’en faire des entités fixes, discrètes et imperméables à la culture. L’hypothèse que ce colloque voudrait tester est que certains arts offrent aux émotions des scénarios paradigmatiques. Les arts concernés sont ceux de la narration ; non seulement les grandes œuvres de la littérature et du cinéma, mais aussi et peut-être plus encore les arts populaires (au sens des romans populaires du XIXème siècle) et les arts de masse contemporains (blockbusters, séries TV, clips, jeux-vidéo), dont l’impact médiatique est considérablement plus grand que celui des anciens « beaux-arts ».
Ne doit-on pas penser que certaines oeuvres attachant à un nom un scénario paradigmatique, influent sur la manière dont nous ressentons, catégorisons, évaluons telle ou telle émotion, et jouent un rôle dans nos réactions et nos comportements vis-à-vis d’elles ? Les grands mythes de l’amour véhiculés par la littérature ont façonné notre manière même d’éprouver et, ainsi que l’écrit Denis de Rougemont : dans l’Amour et l’occident : “nul Européen n’a jamais été Tristan ni Don Juan, – et pas plus dans le passé qu’aujourd’hui ; mais sans ces mythes les Européens ne seraient pas ce qu’ils sont, n’aimeraient pas comme ils aiment, et leurs passions seraient incompréhensibles”. Il est incontestable que La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette ou La nouvelle Héloïse de Rousseau furent pour leurs lecteurs, des maîtres à aimer, que le pré-romantisme (pensons au Werther de Goethe) et le premier romantisme allemand (celui des frères Schlegel notamment) ont transformé la conception de l’intériorité et produit un nouveau style d’autonarrativité (Wilhelm Schapp. In Geschichten verstrickt. Zum Sein von Ding und Mensch). Il faut ajouter à ces classiques les formes nouvelles de narration citées plus haut. Les fictions contribuent à cadrer les structures des émotions. Le passage par l’imaginaire est un puissant vecteur de frayage émotionnel et de mise en commun des émotions.

Les propositions de contribution (pour une conférence de 30 minutes suivie de 15 minutes de discussion) incluant titre, résumé en 400 mots environ, et 3 lignes de présentation de l’auteur, doivent être envoyées au secrétariat de la SFE : sfe.congres2014@gmail.com

Date limite de soumission : 20 mars 2014
Les réponses seront envoyées le 30 mars 2014.

Droits d’inscription : 50 euros (30 euros pour les membres de la SFE)