Nouvelle revue d’esthétique

n° 19 – juin 2017

« Etienne Souriau, esthétique, philosophie, cinéma »

Étienne Souriau (1892-1979) a laissé à l’esthétique, à la philosophie et aux études cinématographiques un important héritage, à la fois intellectuel et institutionnel. Avec Charles Lalo et Raymond Bayer, il fonda en 1948 la Revue d’esthétique, fut président de la Société française d’esthétique, directeur du Comité international pour les études d’esthétique, et enfin, fonda, en 1960, L’Institut d’esthétique et des sciences de l’art rattaché à l’Université Paris 1 (aujourd’hui prolongé par l’Institut ACTE Paris 1-CNRS). Il poursuivit également le projet de Vocabulaire d’esthétique initié par Charles Lalo et Victor Basch, mené à terme, après sa mort, par Anne Souriau, sa fille. Son œuvre propre n’est pas moins conséquente et s’ordonne selon quatre axes. L’axe esthétique, avec d’une part, une théorie de l’art comme activité instauratrice qui, outre sa portée philosophique générale (L’Instauration philosophique, 1939), s’inscrit dans la perspective d’une théorie de la création (dont participent Konrad Fiedler, Paul Valéry, René Passeron, etc.), et d’autre part, une contribution à la postérité philosophique du paragone ou, si l’on veut, à la théorie postmoderne de l’intermédialité, comme l’atteste l’une des ses publications les plus connues, La Correspondance des arts (1969). Vient ensuite l’axe ontologique où se range sa théorie des modes d’être (Les Différents modes de l’existence, 1943) remise à l’ordre du jour par Isabelle Stengers et Bruno Latour (cf. Le Sphinx de l’œuvre, PUF, 2009). Le troisième axe est celui des études cinématographiques, qui rassemble les recherches de Souriau sur la filmologie et qui a donné naissance à L’Univers filmique (1953) où apparaît une nomenclature de nouveaux termes destinés à faciliter la recherche en études cinématographiques qui a eu une forte influence dans le cadre de la sémiologie et de la théorie du cinéma (sous l’impulsion de Christian Metz), puis de la narratologie (Gérard Genette). Vient enfin l’axe littéraire : l’originalité de l’approche que Souriau fait du théâtre (Les Deux cent mille situations dramatiques, 1950), de la poésie (comme projet éthique d’accès à une variété de modes d’existence), comme de l’ouverture vers ce qu’on appelle aujourd’hui l’écocritique (Le sens artistique des animaux, 1965) appellent à reconsidérer l’apport méconnu de Souriau à la théorie littéraire.

Le numéro 19 de la Nouvelle revue d’esthétique congrès sera organisé autour de ces trois axes. Les articles porteront aussi bien sur l’œuvre de Souriau que sur les devenirs de son héritage et sur les pistes contemporaines ouvertes par ses travaux.

Modalités de soumission

Les propositions, rédigées en français, doivent comprendre :

  • la thématique retenue
  • le nom de l’auteur ou des auteurs
  • une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum)
  • le titre
  • un résumé de 300 mots maximum
  • une liste de mots clés (5 maximum)

Elles seront envoyées au format pdf à Carole Talon-Hugon : Carole.TALON-HUGON@unice.fr

Date limite d’envoi des propositions : 30 octobre 2016

Les réponses seront communiquées le : 30 décembre 2016