Colloque international

Université Nice-Côte d’Azur

« Clément Rosset : l’art et les arts »

APPEL A COMMUNICATIONS

 

15-16 mars 2019

UFR LASH, 98 bd. E. Herriot – 06000 Nice

Pour élaborer son ontologie, Rosset a procédé de deux manières : par une plongée au cœur d’œuvres philosophiques et par échappées dans le domaine de la création artistique qu’il connaissait très bien et pour laquelle il montrait un goût prononcé.

On ne peut soustraire de ses écrits les innombrables références qu’elles font à des œuvres relevant du domaine de la littérature, de celui de la musique ou des arts visuels. Sans celles-ci le texte s’amoindrirait et perdrait de sa saveur, cette saveur si caractéristique de l’œuvre du philosophe dont les choix épistémologiques se sont affirmés assez tôt, contribuant ainsi à l’instauration d’un style à part entière. A propos des thèmes qui lui sont chers (l’illusion, l’identité, le désir, …), Rosset convoque ainsi nombre de références extra-philosophiques qui participent pleinement d’un mode d’écriture. S’y expriment, outre un art de discourir, une culture. Ne pas y prêter attention serait déjà manquer l’auteur.

A cela s’ajoute le fait que les écrits de Rosset comportent aussi des commentaires d’œuvres. Celui consacré au photographe-romancier mexicain Juan Rulfo dans Tropiques, par exemple, n’est pas une mention furtive faite au détour d’une investigation philosophique préalablement menée sur un thème donné, mais un commentaire élaboré à partir de cette œuvre même, quoique le propos rejoigne des problématiques connues du lecteur, et quoiqu’il finisse par retourner à des principes fondamentaux que Rosset a déjà exposés, dans le droit fil des philosophes qui l’inspirent (Lucrèce, Montaigne, Nietzsche…). Rosset s’empare ainsi souvent d’œuvres de romanciers, d’auteurs dramatiques, de peintres ou de cinéastes, dans une démarche qui s’apparenterait à celle d’un critique d’art « aux pieds légers », d’un écrivain-philosophe ou philosophe-écrivain désireux de faire partager ses opinions sur des objets relevant du domaine de la création. Oublier ces moments où se jouent des questions esthétiques essentielles (de la fréquentation des œuvres à leur évaluation par exemple) serait aussi passer à côté de Rosset.

Enfin, il y a les toutes les pages que Rosset consacre à la joie et à son auxiliaire, la musique. Elles placent le lecteur devant une situation nouvelle, en ce sens que Rosset ne tirait plus de conclusions sur le réel en général à partir d’un ensemble d’objets artistiques circonscrits, mais y proposait une conception, nette et tranchée, de la musique accompagnée d’exemples musicaux, si nécessaires ici. La musique revêt pour lui une importance ontologique de premier plan ; par où il s’inscrit dans une filiation d’auteurs tels que Schopenhauer, Nietzsche et Jankélévitch. Omettre cet aspect de sa philosophie reviendrait à louper Rosset, à oublier ce qui, en la conduisant du côté de l’esthétique, en fait autre chose qu’une simple philosophie générale gagnée par le domaine de la psychologie.

C’est ce triple jeu avec l’art et les arts qu’étudiera ce colloque consacré à Rosset, en prenant en considération l’ensemble de l’œuvre du philosophe, depuis La philosophie tragique jusqu’à L’endroit du paradis. Cela pour trois raisons : parce que la relation de Rosset à l’art et aux arts n’a guère été commentée jusqu’à présent ; parce qu’elle pose des problèmes théoriques importants (critique d’art, philosophie de l’art ou esthétique ?) ; enfin, parce qu’elle est constitutive d’une pensée (matérialiste s’il en est) qui avance avec elle en prenant, certes, des risques sur le plan académique, mais en devenant à son tour source d’inspiration. Auprès de qui ? Auprès des philosophes amoureux des apparences et de la simplicité, pour qui l’art et les arts méritent d’être pensés selon des perspectives inhabituelles ou oubliées, et auprès d’artistes vivants qui, à différents niveaux de leur action, citent Rosset. Car plus nombreux qu’on ne l’imagine sont les hommes de théâtre, peintres, installateurs, cinéastes qui, aujourd’hui, se réclament de la philosophie rossetienne, comme si ce qu’elle énonçait, était devenu une nécessité. De cette filiation il sera également question lors de cette manifestation qui invite des artistes à s’entretenir directement de l’héritage que Rosset leur a légué.

 

Modalités de soumission

Les propositions, rédigées en anglais ou en français, doivent comprendre :

  • le titre de la communication
  • le nom de l’auteur ou des auteurs
  • une présentation succincte de l’auteur ou des auteurs (100 mots maximum)
  • le titre
  • un résumé de 300 mots maximum
  • une liste de mots clés (5 maximum)
  • une bibliographie essentielle
  • l’engagement écrit et signé à s’acquitter des droits d’inscription de 50 euros au cas où la proposition serait retenue. Ils donnent droit à la participation au colloque et à la gratuité des déjeuners. Elles seront envoyées au format pdf à Ondine Bréaud-Holland (ondine.breaud@orange)

Date limite d’envoi des propositions : 10 février 2019

Les réponses seront communiquées le : 15 février 2019

Les communications, d’une durée de 20 minutes, seront faites en anglais ou en français. Aucun service d’interprétariat ou de traduction ne pourra être fourni. Les frais d’hébergement et de transport sont à la charge des participants.